Les concerts :


Festival du Gaou, Six-Fours Les Plages en juillet 2003




Classic 21... 20ème anniversaire.




David Sonnenbluck et le Brussels Ballet.




The Musical Box au Cirque Royal le 3 novembre 2007 pour le "Black Show".




The SCABS play ’Royalty In Exile’.




One Way le 26 mai 2007 au Brussels Jazz Marathon.




Willy Willy & The Voodoo Band au Machels Bluesfestival le 5 mai 2007.




MARILLION au Forum de Liège le 12 mai 2007.




Saint au Bota le 25 février 2007... Concert d’enfer !




"The Musical Box" performs "Selling England By The Pound" au Cirque Royal de Bruxelles.




The Musical Box performs GENESIS - "Selling England By The Pound". Présentation.




The Machine, with Norbert Stachel.




Wallace Collection, le 9 décembre 2006, pour la 18ème édition des "Golden Years" au Sportpaleis d’Anvers (Antwerps Sportpaleis).




0110 - Le concert... frontstage




0110 - Les préparatifs du concert.




Wallace Collection en répétitions à Bruxelles




Beverly Jo Scott et Planet Janis à l’AB le 15 juin 2005




One Way aux Halles St Géry le 20 mai 2006




John Blackwell à la Jazz Station le 10 avril 2006




Mike Sanchez and his Band au Spirit of 66... Le concert du 23 mars 2006.




Aigles... Les retrouvailles et le concert du 25 mars 2006




Cœur de Rock, de Piero Kenroll, reçoit le Prix Crossroads




Spirit of 66 - 10 ans !




POCO - Spirit of 66 - 10 mai 2005




Skinny Molly - Spirit of 66 - 4 mai 2005




Willy Willy and the Voodoo Band - Présentation d’Hellzapoppin’ à l’AB




Jimi Hendrix - Émotions électriques... Loison-sous-Lens




Mike Sanchez and his Band au Spirit of 66, le 18 février 2005.




The Musical Box - The Lamb Lies Down on Broadway




Spirit Of 66 - Le cru 2004 !




Steve Earle & The Dukes




Willy With Wigbert




Graeme Allwright et Steve Waring




The Pretty Things - Spirit Of 66 - 8 octobre 2004 - 40 Years Anniversary Tour




Manfred Mann’s Earth Band & Status Quo... FN 19-10-04




The Pretty Things - Spirit Of 66 - October 2003




Peter Gabriel - Growing Up Tour



 
Bill Wyman’s Rhythm Kings, le concert au Royal Albert Hall du 12 novembre 2003.

Mardi 11 novembre 2003, célébration de l’Armistice... Je nettoie mes armes, vérifie mes munitions.

Demain matin, départ pour Londres.

Nous sommes invités par Bill Wyman au concert qu’il donne au Royal Albert Hall.

 

 

Mardi 11 novembre 2003, célébration de l’Armistice... Je nettoie mes armes, vérifie mes munitions... Demain matin, départ pour Londres.

Nous sommes invités par Bill Wyman au concert qu’il donne au Royal Albert Hall.

J’ai sorti du frigo 21 films de 1600 ASA, numéroté les boîtes. Seize batteries sont en phase de rechargement. Il ne me reste plus qu’à vérifier et à nettoyer le Nikon ainsi que tous les objectifs.

Avec la caméra, cela fait plus de huit kilos de matériel.

Bonjour Londres et... adieu les épaules.

Mercredi 12, 11 heures...

L’Eurockstar, comme le surnomme Jean-Noël Coghe, bien évidemment invité, s’ébranle. Une demi-heure après, nous atteignons Lille.

Jean-Noël, sa fille Leslie et Mathias, son compagnon, ont pris le train précédent. Nous avons rendez-vous au Montana Hôtel, situé sur Gloucester Road.

Tony Panico, le Tour Manager, s’est occupé de la réservation des chambres.

Il est 12h22, heure locale, quand nous débarquons à Waterloo Station. Un taxi nous mène à l’hôtel où nos amis nous attendent dans les salons. Les bagages déposés dans la chambre, nous gagnons le R.A.H. situé à moins de 10 minutes à pieds.

Tony nous a invité à assister au sound-check qui débutera vers 14 heures.

Nous y sommes vers 13h40. Le Hall, tel est son surnom, a été inauguré en 1871.

Le bâtiment victorien, inspiré du style de la Renaissance italienne, est revêtu de briques rouges et de terra-cotta. Imposant, il se présente comme un immense « cake ». Depuis son inauguration, il a accueilli plus de 150.000 spectacles.

« Hé, Jean-Noël, regarde qui arrive ». Je viens d’apercevoir Albert Lee qui se dirige vers l’une des entrées.

« Normal, il rentre chez lui ! » me répond-il avec son esprit d’à-propos habituel. Ma livre sterling tarde à tomber... Royal ALBERT Hall, of course !

Françoise joint Tony sur son portable. Ils arrivent dans les dix minutes. Nous devons les attendre devant la porte numéro 1... celle des artistes.

Effectivement, le car apparaît. Le même qu’à Six-Fours Les Plages et toujours avec Lance Lovell au volant.

Bill descend, tire quelques bouffées de sa cigarette et pénètre immédiatement dans le Hall, suivi par Tony. Ils ne nous ont pas aperçus car nous nous tenons à distance afin de prendre quelques photos.

Terry et Mike descendent à leur tour et nous les approchons. Ce sont les retrouvailles, maintenant devenues habituelles. Chacun s’inquiète de l’autre, demande les dernières nouvelles.

Mike, tenant en main son costard blanc et quelques chemises bariolées, nous apprend qu’il a eu d’importants problèmes de dos et a dû se rendre chez un chiropracteur. Pas étonnant avec toutes ses gesticulations sur scène !

Nous suivons Mike, pénétrons à notre tour dans l’entrée réservée aux artistes et sommes stoppés nets par les membres de la "sécurité".

Nous n’avons pas les passes adéquats. Mike s’en occupe, appelle Tony qui déboule, donne ses instructions. Les sbires nous remettent l’indispensable bracelet d’identification et nous entrons.

Nous suivons Tony qui nous ouvre la première porte battante du long couloir qui encercle la salle et... restons bouche bée !

Le Hall est impressionnant, grandiose. Une chaleur incroyable se dégage de l’amphithéâtre, grâce à la lumière ambiante tamisée. Les sièges et les draperies sont de couleur rouge. De nombreux reliefs et motifs ornés de dorures décorent la salle. Le sommet du dôme qui coiffe le Royal Albert Hall se situe à plus de 40 mètres de hauteur.

Tout semble ici devoir être décrit avec des superlatifs. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi une performance au Royal Albert Hall constitue une étape symbolique, chargée d’émotions pour tous les musiciens.

Un moment qui restera à jamais gravé dans leur mémoire.

Nous descendons quelques marches et découvrons la scène à notre gauche, dominée par un orgue gigantesque. Il constitue l’un des plus grands instruments de musique au monde. Vingt et un mètres de hauteur et 9.779 tuyaux !

Mike va-t-il en jouer ? !

Je sors mon appareil photo, tout comme Jean-Noël. La lumière est très faible... pas évident. Je devrais travailler au flash, mais je crains de déranger les musiciens.

Bill, Berverley Skeete, Terry Taylor, Albert Lee, Graham Broad, Frank Mead, Nick Payn sont en place, réglant les instruments, ajustant les micros...

Je ne vais plus m’étendre sur les compétences de ces musiciens qui composent The Rhythm Kings.

Le sound-check débute. Nous leurs adressons quelques signes. Andy Fairweather-Low et Chris Stainton ne font pas partie de cette soirée. Andy a décollé hier de Londres à destination du Japon, en compagnie d’Eric Clapton. Chris est remplacé par une autre « pointure » en la personne de Georgie Fame.

C’est lors du déferlement du rock and roll que Georgie commence à se mettre sérieusement au piano, même s’il pratique déjà l’instrument depuis l’âge de sept ans.

Fats Domino, Jerry Lee Lewis et Little Richard constituent alors ses mentors.

À 15 ans, il quitte l’école et commence à se produire dans les pubs, avec The Dominoes. Dans les années 80, Georgie rejoint Van Morrison, avec qui il est toujours en relation actuellement.

Par après, Georgie va jouer avec les plus grands groupes de jazz, de rock... et créer son propre band : The Blue Flames. Il a commencé à enregistrer avec les Rhythm Kings à la fin des années 90 et a accompagné la plupart des tournées depuis 1998. Sa voix se marie merveilleusement bien avec celle de Beverley.

Jim Capaldi est aux percussions, à côté de Graham. Jim Capaldi, le batteur, percussionniste, chanteur de Traffic, ce groupe « fusion » qui fera école. C’est Steve Winwood qui propose à ses amis Jim, Dave Mason et Chris Wood de « faire » une musique différente, de changer de registre : mêler le jazz au folk anglais, mais aussi au mouvement psychédélique issu de San Francisco, le tout enrobé d’une touche de musique indienne.

Nous sommes en 1967 et Steve - Stevie - Winwood n’a que 18 ans. Mais c’est déjà un génie... qui vient de quitter le Spencer Davis Group.

Paper Sun devient l’un des hits de l’été 67, rapidement suivi par Hole In My Shoe, que l’on peut qualifier d’authentiquement psychédélique. Capaldi écrit toutes les paroles des chansons de Winwood.

Traffic va connaître un énorme succès aux USA et sera plutôt ignoré en Europe. En 1975, le groupe se sépare. Jim enregistre alors Love Hurts, une reprise des Everly Brothers. Le succès est au rendez-vous, mais la suite de sa carrière restera assez chaotique, même s’il essaye à nouveau de renouer, en 94, avec Steve.

Les réglages se poursuivent et Georgie, derrière son orgue Hammond, couvert d’autocollants relatifs aux avions, aux meetings aériens et dont l’état indique que l’instrument a beaucoup voyagé, a manifestement beaucoup de remarques à formuler. Retours insuffisants, prompteur qu’il ne voit pas convenablement...

Barney Watson et Andrew Broad, le fils de Graham, sont là pour répondre à la moindre sollicitation, à la moindre exigence. Déplacer ou ajouter des retours, des moniteurs... Danny Taylor, le fils de Terry, est également venu renforcer l’équipe pour cet événement majeur.

J’aperçois Joffrey Lorre, qui se trouve derrière l’imposante console située au fond de l’arène, et je vais le saluer. Autre point de vue sur le Hall, sur la scène. De nombreuses personnes sont occupées à installer les sièges dans l’arène.

« Plus de retours, je ne m’entends pas - Augmente le volume de ce micro... OK... Non, c’est trop - J’ai un larsen... » Geoffrey et Gilles Million, ce dernier situé derrière la console placée sur le côté droit de la scène et chargé du réglage des retours, n’ont pas l’occasion de se reposer.

Entre les essais des uns, les réglages des autres, chacun vient nous saluer, nous dire un petit mot. Mike est le plus prolixe, comme d’habitude. Françoise lui offre de nouvelles photos, qu’il prend plaisir à découvrir. Il nous dit apprécier énormément celles déjà reçues sur CD. Il les mettra bientôt en ligne sur son site, dont il s’occupe personnellement. Mike demande ce qu’il me doit ! C’est la meilleure !!!

Frank, jovial, arrive à son tour, suivi de Graham et d’Andrew. Tous sont heureux des clichés alors que je suis déçu des photos de Graham que j’ai prises lors des différents concerts. Je lui dit qu’il est le membre du groupe le plus difficile à photographier, masqué par ses caisses, ses cymbales... et par les autres membres du groupe.

Il me propose de me positionner devant lui et sa batterie. Je refuse, ne voulant pas gêner les autres. Mais je lui promets de me placer près de lui, à ses côtés, au fond de la scène. « Mais comment te remercier, me dit-il ? - Une de tes baguettes dédicacée, dis-je - OK, neuve ou utilisée ? - Utilisée lors de ce sound-check ! » Graham me l’offrira effectivement avant le concert.

Pour les connaisseurs, il s’agit d’une « Zildjian, 5A Wood Tip ».

Les répétitions se poursuivent, avec précision. On recommence des intros, on s’accorde sur le signal devant marquer la fin de certains morceaux... Ce n’est pas le répertoire habituel qui sera interprété ce soir.

Un roadie arrive sur scène, installe une superbe guitare sur un support, la plugge. C’est la « Gibson Les Paul Signature Peter Frampton ».

La douzième frette porte sa signature. Une gratte exceptionnelle, sur mesure et plus légère que les autres, qui comporte trois « pickups ». La Gibson est configurée afin que le micro central soit toujours actif, permettant d’obtenir des sonorités et des tonalités rares, en activant l’un ou l’autre des deux autres micros.

Peter Frampton débarque sur scène. Bien entendu, tous le saluent.

Bill connait Peter depuis ses 13 ans ! Peter est souriant, manifestement heureux d’être invité.

Difficile de résumer en quelques lignes la carrière de Frampton.

Guitariste, chanteur et auteur-compositeur, Peter fait partie du club des magiciens de la six cordes.

Autodidacte, il joue dans un groupe dès l’âge de 10 ans, fréquente au collège un certain David Jones, mieux connu sous le nom de David Bowie, avec qui il joue du Buddy Holly durant les breaks !

À 11 ans, il fait partie des Trubeats avant de se joindre aux Preachers, groupe dont Bill Wyman est le producteur et le manager. En 66, il devient le leader de The Herd.

En 1969, il forme avec Steve Marriott, ex-Small Faces, le légendaire Humble Pie, groupe pratiquant le blues-rock et d’une incroyable puissance sur scène.

Peter a seulement 19 ans mais sa réputation de prodige de la guitare est déjà bien installée. Le groupe tournera principalement aux USA où il connaîtra un énorme succès avec l’album live Performance - Rockin’ At The Fillmore, qui sort fin 71.

Mais Peter a déjà jeté le gant, préférant se consacrer à une carrière solo lui permettant de démontrer ses talents de multi-instrumentiste.

Durant des années, il asseoit sa réputation incontestée, incontestable.

En 1976, il connaît la gloire, est élevé au rang de star, de « guitar hero », avec le double live Frampton Comes Alive !.

Cet album va occuper, durant plus de 10 semaines, la première place des charts US, se vendre à plus de douze millions d’exemplaires et est toujours considéré comme le live le plus vendu au monde !

Show Me The Way, Do You Feel Like We Do ?, titres où il utilise la « Talk Box » qui permet de mélanger le son de la voix à celui de l’instrument, et Baby, I Love Your Way vont cartonner. Un son et un jeu de guitare - une Gibson Les Paul 54 aux micros inversés - uniques.

Peter triomphe dans le monde entier, est maintenant millionnaire en disques vendus et multi-millionnaire en dollars. Le magazine Rolling Stone le sacre « Artiste de l’année » et les « Awards » se succèdent, tant pour le double live que pour ses prestations scéniques.

L’année suivante, 1977, accueille la sortie de I’m In You. Stevie Wonder, Mick Jagger y collaborent.

C’est, à nouveau, le succès. Difficile de faire mieux !

Peter va participer au film Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band en 78.

Fin de cette année là, il va être victime d’un grave accident de la route aux Bahamas.
Rétabli, il va encore enregister de nombreux albums, dont Where I Should Be, qui comprendra le tube I Can’t Stand It No More.

En 1987, il est LE guitariste de Bowie lors de la tournée Glass Spider World Tour et est présent sur l’album Never Let Me Down.

Il retrouve Steve Marriott en 91, écrivant et composant quelques chansons avec lui. Ils ont à nouveau envie de collaborer, mais Steve meurt tragiquement quelques semaines plus tard, imbibé d’un mélange d’alcool et de coke, boutant le feu à ses draps.

Peter continue à tourner aux USA, se mêlant parfois à Lynyrd Skynyrd, à l’All-Starr Band de Ringo Starr.

En 1997, il joue sur l’album Struttin’ Our Stuff de Bill et des Rhythm Kings, tout comme Eric Clapton, Paul Carrack. Il part la même année avec Bill en tournée européenne afin de promouvoir le disque, est également présent sur l’album suivant, Anyway The Wind Blows, tout comme Chris Rea.

Il crée également « Framptone », sa société qui présente des accessoires high-tech pour les musiciens, réalise Live In Detroit, son premier DVD.

Peter est à quelques mètres de moi, en baskets et portant une paire de jeans troués. Ses doigts parcourent le manche de la Gibson avec une dextérité incroyable et les accords qu’il plaque me donnent la chair de poule.

Il interprète Flying Without Wings, extrait de Now, son nouvel opus. Après neuf ans de silence, il nous revient avec ce formidable et puissant album, contenant une version complètement déjantée de While My Guitar Gently Weeps, hommage à son ami George Harrison.

Tiens, comme j’ai demandé une baguette à Graham, je demanderais bien à Peter de m’offrir sa guitare, dédicacée. Non, c’est peut-être exagéré de demander... qu’il me la dédicace ! Humour anglais, isn’t it ?

Françoise et Caroline commencent à avoir faim. Mike, toujours installé près d’elles, les emmène à l’ Artist’ Bar. Stoïquement, je maintiens ma position et continue à shooter.

Voilà Martin Taylor. Encore un virtuose de la six cordes, jazzman mondialement connu qui collabore depuis longtemps avec Bill et les Rhythm Kings.

Il va travailler durant 11 ans avec Stephane Grappelli, tourner dans le monde entier, être présent sur plus de 20 albums. Martin forme son propre groupe en 1994, est désigné en 95 comme le meilleur guitariste de jazz, pour la septième fois.

Sur Portraits, son sixième album, il joue en duo, sur 3 morceaux, avec son ami Chet Atkins, qui le considère comme l’un des plus grands.

Chas and Dave arrivent alors. Je ne m’étendrai pas sur leur prestation. Sincèrement, je ne comprends pas ce qu’ils font là, parmi ces « géants ». C’est de la musique de pubs, répertoire cockney... des chansons à boire. Il ne faut certainement pas les « importer » sur le Continent, nous risquerions une pénurie de tomates ! Mais Bill s’amuse.

4 p.m.... Tea-time, décrété par tous les musiciens ! Bill s’approche de moi et me serre la main. « Ah, Pat, tu es là ! J’avais embrassé Françoise et Caroline mais je ne t’avais pas vu avec tous ces projecteurs dans les yeux. » Je remets à Bill un nouvel album contenant les photos de Six-Fours.

Une vingtaine de minutes de pause et les musiciens reviennent peu à peu sur scène. Je cause avec Nick, qui adore Bruxelles et ses restaurants. Françoise et Caroline semblent vouloir prendre des cours de piano avec Mike !

Mark Knopfler, le sultan du swing, débarque, tenant la case contenant sa guitare. Il va saluer, un à un, tous ses confrères, discute un peu, ouvre l’étui, sort sa superbe « Gibson Les Paul Standard », fait le point avec Bill et égraine les premières notes, reconnaissables entre mille.

Ce son unique, cette voix sans pareil qui ont propulsé Dire Straits au sommet.

Le groupe, au style bluesy, commence sa carrière en 1976 en pleine vague... punk ! Mark va rapidement s’imposer comme un auteur et un compositeur hors pair.

Dire Straits, Communiqué, Making Movies, Love Over Gold... Que du bon, du très bon, du tout bon ! Bob Dylan l’invite à enregistrer avec lui... Mark produit Dylan !

Dans les années 80, il sera sollicité par les plus grandes stars du rock.

En 85 sort Brothers In Arms, l’album de la consécration, qui servira de merveilleuse carte de visite pour le lancement du disque compact.

En 1991, le groupe produit son dernier album On Every Street. Mais Mark a déjà fondé les Notting Hillbillies en 1989, enregistré en 1990 un album en duo avec ce gars qu’il respecte et admire tellement : Chet Atkins. Même démarche que Martin Taylor.

Dire Straits est essouflé et Mark poursuivra une carrière solo.

17 mars 2003. Mark percute, en moto, une voiture dans la banlieue de Londres. Bilan : six côtes cassées, ainsi que la clavicule. Tournées annulées et on pouvait craindre le pire.

Mais le local hero est bien là, devant moi, jouant Baloney Again, extrait de Sailing To Philadelphia. L’album est sorti en 2000 et accueille notamment Van Morrison et James Taylor.

C’est la première apparition publique de Mark depuis son accident.

Les répétitions se poursuivent, les choses se mettent au point. Bill est calme, souriant, disponible et allume souvent une Dunhill, Georgie semble surveiller le tout, tel un professeur, Mike a plus souvent les mains en poche que sur son clavier, Tony s’inquiète de tout et de tous. Terry, tout en continuant à jouer, me demande d’appeler Maurice sur son portable afin de lui dire de rappliquer.

Terry Taylor, le pote de Bill, coordonne. Il est à la guitare rhytmique, à la guitare solo, au chant. C’est le véritable ami, l’homme en qui Bill a le plus confiance. La cheville ouvrière indispensable, mais également celui sur qui Bill peut compter, se reposer.
Mike descend dans l’arène, s’assoit au milieu et apprécie l’acoustique. Frank va y jeter une oreille à son tour.
Dave Hartley s’installe au piano. Tout au début de la formation des Rhythm Kings, Bill cherche un pianiste capable d’interpréter tant le jazz que le blues. Il va découvrir Dave qui devient son pianiste attitré sur tous ses disques.
Martin, Dave et Beverley prennent plaisir à répéter ensemble.
Corinne et Maurice nous rejoignent enfin. Maurice doit discuter demain avec Tony de la tournée 2004.
La superbe girlfriend de Mike est arrivée. Elle semble « sortir » de la cover de son dernier et excellent album Women & Cadillacs ! Euh... non, c’est bien elle qui y figure !
Il est plus de 18 heures quand la répétition se termine.
Nous nous rendons tous backstage, à l’Artist’ Bar. J’ai déjà vu beaucoup mieux ! Cela ressemble plus à une cafétéria ou au "Café du Commerce" !
Par contre, concernant le people... !
L’épouse de Bill, Suzanne Accosta, actrice, mannequin, créatrice de vêtements, s’y trouve en compagnie de Katie, Jessie et Matilda, leurs trois filles. Bill n’est plus le bassiste, mais le daddy sollicité par les petites. Il nous les présente rapidement. Il est vrai qu’il doit accueillir beaucoup d’autres membres de sa famille, amis et invités... Stephen Wyman, le fils de Bill, et son épouse Serena, Charlie Watts, tiré à quatre épingles, accompagné de Serafina, sa fille, et de Charlotte, sa petite-fille. Il est revenu de Hong Kong la nuit passée et ne jouera pas ce soir. Bob Geldof et l’actrice française Jeanne Marine, sa compagne, Sharon et Peter, la veuve et le fils de Lonnie Donegan, Richard Havers, avec qui Bill a écrit Blues Odyssey et Rolling with the Stones, des membres du bureau des Stones et d’autres de leur entourage, des joueurs de cricket...
Charlie Watts discute avec Martin Taylor. Au fond, à gauche, Bob Geldof et Suzanne Accosta
Avec tous les musiciens et parfois des membres de leur famille, cela fait pas mal de monde ! Certains se restaurent, d’autres boivent un verre. Moi aussi, il est grand temps ! Françoise et Caroline rentrent rapidement à l’hôtel afin de se changer pour la soirée. Mes jeans me conviennent très bien !
Le concert débute vers 20 heures, avec Ian Segal, bluesman très réputé dans le nord de l’Angleterre. Son set dure une vingtaine de minutes.
Bill Wyman et les Rhythm Kings montent sur scène à 20h30, sous les ovations de presque 3 000 spectateurs. Et le ton est immédiatement donné avec Let The Good Times Roll.
Hey, everybody, let’s have some fun
You only live but once
And when you’re dead you’re done, so
Let the good times roll, let the good times roll
I don’t care if you’re young or old
Get together, let the good times roll
Les paroles sont tellement significatives, justificatives de l’existence des Rhythm Kings !

Je porte le badge m’autorisant à photographier et me positionne devant la scène avec deux ou trois autres photographes. La sécurité nous oblige à nous accroupir afin de ne pas gêner les premiers rangs. Avec la hauteur de la scène et les retours, ma visibilité est, pour le moins, limitée. Après quelques instants, on nous fait déguerpir backstage. Nous ne pouvons photographier qu’une minute, même pas à chaque morceau mais seulement quand il y a un nouvel invité ! Je vais rater tout le concert, pour des photos sans intérêt. Les chansons se succèdent... Autant gagner la loge qui nous est réservée et où Françoise et Caroline sont déjà installées. Un ouvreur, dans son unifome stylé portant les initiales du R.A.H., me déverrouille la porte. La loge est superbe. Évidemment, je suis maintenant à une quinzaine de mètres du début de la scène et je dois utiliser mon 300 mm. Je sais que je vais gâcher pas mal de pellicule.
"I’d like to introduce my first guest this evening. I’ve known him since he was 13 years old when he used to come round to my house all the time to keep badgering me for Beatles bootlegs ! ! ! Please welcome Peter Frampton", annonce Bill, qui n’a pas son pareil pour présenter un collègue ! Peter, à l’âge de 13 ans, venait harceler Bill à la maison afin d’emprunter des bootlegs des... Beatles ! ! !

Peter Frampton rejoint le groupe pour interpréter Real Wild Child, plus particulièrement avec Albert. Après Flying Without Wings, il joue Flatfoot Sam avec Mike. Il repart comme il est arrivé : sous les applaudissements. Bill chante You Never Can Tell et introduit Dave Hartley ainsi que Sam Brown. Sam est la fille de Joe Brown, guitariste influent qui a placé plusieurs hits dans le Top 10 juste avant l’explosion des Beatles. Sa mère, Vicky, était une des plus importante backing vocalist des années 70 et fournira notamment, avec sa partenaire Liza Strique, les arrangements pour T. Rex. Sam grandira entourée des nombreux musiciens qui fréquentaient sa maison, son père possédant un studio voisin de l’habitation. Parmi eux, Steve Marriott et Dave Gilmour... Sa voix est superbe sur Ain’t Nobody’s Business If I Do et elle poursuit avec Georgie et Beverley sur Hit The Road Jack.

Mike à lancé Tell You A Secret... Il est heureux comme un gosse, notre Mike qui va à nouveau pouvoir faire son show ! Il quitte son piano, micro à la main et gagne le devant de la scène. Le public commence à chanter et Mike lui tend son micro, s’accroupit, se couche, s’assied, saute dans l’arène.

Mike-Le-Fou, le plus charismatique, le plus extraverti... Jesus Miguel Sanchez Bastida... Son premier prénom me donne envie de me convertir... Jesus is rock’n’roll ! Mike est maintenant parmi le public, continuant à chanter, et a repéré une jeune femme. Il la fait se lever, l’amène sur la scène, va en quérir une deuxième qui « subit » le même sort. Tout le public du Royal Albert Hall est maintenant debout, chantant et tapant dans les mains.

L’ambiance est extraordinaire... « Continuez à frapper dans les mains » demande Mike. Derrière le viseur du Nikon, je ne saisis pas ce qui se passe. Tous les membres des Rhythm Kings tapent également dans leurs mains. Seuls Graham et Jim continuent à jouer. Les percussions... bien évidemment ! Car les micros et les amplis ne sont plus alimentés en courant ! Mike continue à maintenir cette ambiance durant une dizaine de minutes. Incroyable ! ! ! Bill, suivit par Terry et les autres musiciens, lève les bras en signe d’impuissance et tous abandonnent leur instrument. Mike, toujours sur le devant de la scène et privé de micro, se marre et annonce un break d’une vingtaine de minutes. Le public, bon enfant et toujours debout, applaudit.
No more power !
Les couloirs, les bars sont pris d’assaut.
Chas and Dave débutent la deuxième partie. Manifestement, certains apprécient. Tant mieux ou tant pis, c’est selon. Frank et Nick les accompagnent sur le dernier morceau. Il est 22h30 quand Bill et ses comparses reprennent possession des lieux. I Got A Woman, I’ll Be Satisfied et Race With The Devil se succèdent.

Mark et, au second plan, Sam Brown et Terry
Mark Knopfler arrive sur scène et est introduit par Bill. Il accompagne Georgie pour Anyway The Wind Blows. Sam Brown est également de retour, aux côtés de Beverley. Vient ensuite Baloney Again.

Le son envoûtant distillé par la guitare de Mark envahit l’hémicycle. Il se met ensuite en retrait et laisse la place à Albert pour Muleskinner Blues. Frank, à la guimbarde, et Nick ont rejoint l’avant-scène. Graham chante sur ce morceau, le micro tenu par Georgie. Mark dépose sa Gibson, salue et est remercié par des applaudissements nourris.
Je suis un rock star Je avais un residence
Je habiter la A la South of France
Voulez vous Partir with me
And come and rester la with me in France...
(Si Si) Je Suis Un Rock Star ! Ce titre va entrer dans de nombreux Top 10. Chanson amusante, pleine d’autodérision, inspirée par sa rencontre avec Suzanne. Le public apprécie que Bill la chante. Lorsqu’il présente ce titre en « franglais » à sa maison de disque française, on lui répond qu’il doit d’abord apprendre à parler... français ! Ils avaient tout compris à l’époque... une joke prise au premier degré ! ! !

Martin Taylor accompagne Beverley sur I Put A Spell On You. Il se livre à un « petit » exercice dans Instrumental Song : « Voici ce qu’un premier guitariste fait... » et il joue des notes... « Voici ce qu’un deuxième fait... » et il joue d’autres notes... Il poursuit de la même manière jusqu’à un sixième guitariste... « Voilà ce que cela donnerait si ce n’était qu’un seul guitariste... ». Quelle démonstration : les doigts parcourent le manche à une vitesse folle, passent de frette en frette avec une facilité déconcertante ! Du très grand art et du très bon jazz ! Le public, connaisseur, ne s’y trompe pas et salue la prouesse, le talent. Dave se glisse derrière le piano pour « servir », toujours avec Martin, Beverley sur Yesterdays.
Tear It Up sera le dernier morceau. Du rock des origines, au tempo rapide, prenant aux tripes, composé par John et Dorsey Burnette ainsi que Paul Burlison en 1956. Tous, sauf Chas and Dave, sont remontés sur scène pour accompagner Bill, les Rhythm Kings et principalement Albert.

Come on, little baby, let’s tear that dance floor up
Come on, little baby, let’s tear that dance floor up.
Come on, little mama, let me see you strut your stuff.
I’m a’ leavin’, little baby, gonna be gone a long, long time.
I’m a’ leavin’, little baby, gonna be gone a long, long time.
Well come on honey and show me a real good time.
Tear it up ! Tear it up !
Tear it up ! Tear it up !
Come on little baby let me see you strut your stuff...

Les guitares s’interpellent, se répondent, les solos éclatent, prodigieux. Peter, Mark et Martin répondent aux notes produitent par Albert. Ils semblent le fêter, le remercier. Tout le monde s’amuse, tant sur scène que dans le public. Martin dépose sa semi-acoustique... Où va-t-il ? Il se dirige vers Albert, le contourne, se place derrière lui... Tandis que la main droite d’Albert fait vibrer les cordes,cesont maintenant les doigts de la main gauche de Martin qui glissent sur le manche, plaquent les accords ! ! !

Incroyable et pas une seule fausse note ! Pas besoin d’artifices, de feux d’artifice comme ceux qui ponctuent maintenant - et trop souvent - de grands ( ? ) concerts. Le spectacle n’est pas dans le ciel. Il est sur scène, même s’il mène au Ciel.
Le concert s’achève, sous un tonnerre d’applaudissements. Tous les musiciens qui ont participé à cette soirée sont maintenant réunis devant le public qu’ils saluent, heureux !

Il est plus de 23h30... trop tard pour les encores. Le Hall se vide rapidement... Le tube ( métro ) va fermer !
Nous quittons la loge pour nous rendre à la réception organisée à l’Artist’ Bar. Le contrôle est très strict. Jean-Noël est accompagné de Donal, le frère de Rory Gallagher. Jean-Noël s’envole demain pour l’Irlande. Destination Cork, patrie de Rory.Ilestinvitédans le cadre de l’Arts Fest, la semaine culturelle qui s’y déroule et doit y tenir une conférence au théâtre de laCrawford Gallery. Il s’agit de l’annuelle Rory Gallagher Memorial Lecture. Il doit également assister à l’avant-première de New York remembers Rory Gallagher, film qui sera officiellement présenté lors de la 1ère « Convention Rory Gallagher » qui doit se dérouler à Londres, à l’Irish Center d’Hammersmith, du 27 au 30 novembre.
Il y a un monde fou. Le bar ne peut d’ailleurs pas accueillir tout le monde et les guests se dispersent dans les couloirs backstage. Mais quelle ambiance ! Nous y resterons plus d’une heure. Matilda dort dans les bras de Bill... Nous n’allons pas les déranger et tentons de partir. Terry nous fait l’accolade et espère bien venir à Bruxelles prochainement. Nous l’avons invité, tout comme Tony.
Il est plus d’une heure du matin. Jean-Noël, Leslie, Mathias, Maurice, Corinne, Françoise, Caroline et moi partons à l’assaut d’un restaurant... Les restaus, les pubs sont fermés ! De retour à notre hôtel, nous demandons à la réception s’il n’y a pas moyen de manger quelque chose. Le préposé nous indique un Burger King, distant d’une centaine de mètres. Nous nous y rendons. Burgers à un prix exhorbitant. Londres est chère, très chère.
Nous commandons, nous nous installons, commençons à manger et... regardons à notre droite. L’entrée condamnée d’un bâtiment... Quelques marches envahies par des détritus de toutes sortes, un matelas et un semblant de couverture, crasseux, innommables... Ce qui « ressemble » à une jeune fille vient de se coucher, bientôt rejointe par ce qui « ressemble » à un jeune type, accompagné d’un fox-terrier. Tous les trois sont maintenant serrés les uns contre les autres. Il fait froid, très froid... Trois animaux... Un clebs, le plus heureux probablement, et deux exclus, deux « déchets », deux fantômes. Des « détritus » mélangés aux autres. L’horreur ! Ils sont des milliers à Londres, la capitale de Sa Très Gracieuse Majesté.
Bien entendu Bruxelles, Paris et toutes les grandes villes ont également leurs laissés-pour-compte. Mais quand on sait que les Windsor, les familles de Lord Chelsea, de Lord Westminster ou encore l’église anglicane sont les réels « propriétaires » de près des trois quarts du centre-ville, quand on sait ce que toute activité commerciale réalisée sur le terrain de chasse de ces milliardaires leur rapporte...
Jackpot journalier, institutionnel... féodal !
Le hamburger nous reste dans la gorge et la situation n’est plus du tout rock’n’roll.
Il y a quelques mois, David Gilmour offrait plusieurs millions de livres sterling à un collectif de sans-abri. Un tiers des londoniens, plus d’un quart des gosses vivent sous le seuil de la pauvreté. Je ne saisissais pas la portée de son geste à ce moment. J’ai compris maintenant...
La ballade des limousines, des Rolls, des Jaguar, des BMW, des Mercedes... se poursuit dans la ville.
God Save the... Rock’n’Roll !
All photos are copyright 2003 Patfraca
Forum de l’article
> Bill Wyman, le concert au Royal Albert Hall27 décembre 2003, par Pascal
Superbe reportage qui nous permet d’appprocher un tout petit peu ces intouchables, véritables icônes de notre univers rock and rollien. Un grand merci et peut-être à plus dans une salle sûrement moins prestigieuse. Bonjour le contraste au sortir de ce lieu, difficile à digérer... même sans avoir mangé. A tous meilleurs voeux et plein de musique et tout ça tout ça...
> Le concert au Royal Albert Hall5 décembre 2003
EXTRAORDINAIRE ! Je suis de Paris, et une grande fan de Peter Frampton et Mark Knopfler... J’ai tant entendu parler de ce concert dernièrement, quel plaisir de lire ce compte-rendu détaillé et enthousiaste... en français ! et surtout, de voir toutes ces photos, MILLE MERCIS ! Isabelle.
> Le concert au Royal Albert Hall4 décembre 2003, par Terry
Thanks for the article you have done on classic rock. Some great photo shots ! Any chance of getting some photos ?
Regards, Terry

> Le concert au Royal Albert Hall3 décembre 2003, par pride
Quel voyage (ça va les pieds ? :p) ! Quelle plume ! Quel concert ! Quelles photos ! Quelle conclusion ! Bises à mes voisins préférés :)
> Le concert au Royal Albert Hall4 décembre 2003
Moi je suis baba devant cette merveille de reportage. C’est bien simple, aujourd’hui, j’arrête d’écire. DD
> Le concert au Royal Albert Hall5 décembre 2003, par phil
La toute grande classe ... quel réel plaisir que de vous lire.
Bravo bravo et surtout ... encooooore pleins d’autres reportages du même tonneau.
c’est du bonheur à l’état pur.

 

 

 

 

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