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Zone 02/ : BJ Scott en orbite autour de la planète Janis.

Habitée d’une ferveur de croisée et mue par son tempérament de feu, Beverly Jo Scott, reine belgo-américaine du blues, redonne sang et vie àl’Å“uvre de Janis Joplin, martyre méconnue de l’histoire du rock.

 

 

BJ Scott fait la "cover" de Zone 02/, l’hebdo bruxellois gratuit !

Non seulement gratuit, mais qui couvre en général pas mal l’actualité rock. Tout comme son homologue flamand... Zone 02/ ! Que demander de plus ?

Interview de Jacques de Neuville et photos d’Arnaud De Cremer, pages 6 et 7.

Beverly évoque Janis Joplin et se dévoile, entre l’album live CUT & RUN et le DVD du même nom prévu vers la mi-mai. La preuve qu’une Artiste ( avec une majuscule bien méritée ) peut être disponible et garder les pieds sur Terre.

Rien d’étonnant venant de la divine BJ, mais tellement rassurant de savoir qu’elle ne change(ra) pas !

Vous sortez simultanément un CD ainsi qu’un DVD live, qui comprend également un reportage sur votre vie. Pourquoi porter maintenant un regard introspectif sur votre carrière ?

Beverly Jo Scott : Michel Gudanski, mon partenaire dans le travail et durant une période de ma vie, m’a filmée partout et àtout moment : nos vacances, mes concerts et le retour dans mon Alabama natal après une très longue absence. Il a progressivement accumulé une importante matière qu’il souhaitait associer au DVD. Le travail était titanesque. Je l’ai laissé faire.

Il est vrai que votre parcours est des plus aventureux, proche d’un road movie...

Effectivement... mais je ne vais pas dévoiler tout le contenu du reportage ! (Rires)

Quel a été pour vous le moment qui a déterminé et déclenché votre vie de musicienne, mais aussi votre départ des États-Unis et votre arrivée en Belgique ?

C’est avant tout le désir de partir qui m’a motivée. Pour des raisons personnelles d’abord. Je suis arrivée en Belgique un peu par hasard avec ma compagne de l’époque, qui connaissait quelques personnes ici. Elle est, depuis lors, retournée aux États-Unis. Moi je suis restée. Je désirais ardemment quitter ce pays qui m’emmerdait et fuir mon chagrin. Je me suis alors retrouvée àBruxelles dans la rue, commençant àzéro. Mais, même si je n’avais encore que 21 ans, ce n’était pas la première fois que je me retrouvais dans une pareille situation. Je ne suis pas venue ici pour chercher le succès. Petit àpetit, j’ai rencontré des gens d’ici et j’ai pu commencer une nouvelle vie.

Votre guitare vous a aidé àsurvivre en quelque sorte...

Je chante depuis mon plus jeune âge. J’ai appris la guitare durant l’adolescence, un instrument qui m’a toujours servi par la suite. Cet instrument me permet, depuis mes 17 ans, de manger. J’ai quitté la maison familiale àl’aube de l’adolescence. J’ai tenté par la suite d’y retourner mais cela s’est très mal passé et j’ai maintenu la distance durant 13 ans. Aujourd’hui, je vis une moitié de mon temps en Europe. Je me sens d’ailleurs pour une bonne part européenne.

Depuis lors, avez-vous déjàenvisagé de tenter votre chance aux États-Unis ?

Non, lorsque je retourne chez moi, c’est pour y retrouver mes amis. Je m’offre un ou deux concerts dans mon patelin d’origine. Localement, je suis assez connue et mes disques se vendent un peu. Mais cela reste très discret et fun, très "héros local". Ce qui ne me déplaît pas. L’idée de m’investir pour m’attaquer au territoire américain dans son ensemble me fatigue àl’avance. Si je récolte du succès là-bas, ce sera par le plus grand des hasards (Rires).

Avant d’atterrir chez nous, quelle image aviez-vous de la Belgique ?

Je n’en avais pas la moindre idée. Je pensais que la Belgique était attachée àl’Allemagne ! J’étais une grande naïve d’Amerloque, comme la plupart de mes compatriotes àl’époque... et comme ils le sont encore aujourd’hui. C’est en arrivant en Belgique que j’ai appris ce que signifie "être ailleurs". Je pouvais voyager n’importe où aux États-Unis, c’était toujours la même langue qui était véhiculée, la même devise, le même président. En Europe, il était possible de découvrir trois pays en un jour. J’étais sur la lune, la sensation était indescriptible...

Tonton Arno

Commence alors, au début des années ’80, un nouveau chapitre de votre vie : celui de musicienne de rue àBruxelles. Quand cette galère a-t-elle pris fin ?

À force de jouer en rue, je commençais àdevenir une figure familière pour les passants. Des musiciens ont apprécié ma voix et m’ont proposé de faire le bÅ“uf en leur compagnie. J’ai ensuite lancé Jade, un groupe dont j’étais la chanteuse. À ce moment, alors que je commençais àacquérir une petite réputation dans le réseau des clubs, des amis m’ont aidée àtrouver du boulot supplémentaire, au sein des studios d’enregistrement.

Vous êtes alors devenue une "backing vocalist" prisée. La liste de vos contributions est impressionnante : Bernard Lavillier, The Sparks, Alain Souchon, Higelin, Paul Personne, Chamfort... De quelles collaborations gardez-vous les meilleurs souvenirs ?

Durant les années ’80, la collaboration la plus fun aura été celle avec Niagara. Je réalisais les voix black et, pour la scène, le duo engageait des filles noires qui me remplaçaient. Il ne faut pas oublier qu’àl’époque, on était focalisée sur le look, l’image. Mais je m’entendais très bien avec Muriel, la chanteuse, et cela ne m’a jamais posé de problème. Par la suite, j’ai ressenti un plaisir extrême àcollaborer avec Arno. C’est mon "Tonton amour", je l’adore. L’émotion fut très grande aussi de pouvoir travailler avec Elliott Murphy.

Vous vous dites habitée par la route et le voyage, que les rencontres et découvertes qu’elle provoquent nourrissent votre vie. Pourtant, rien de plus fugace que les moments passés de ville en ville lors des tournées...

Même si certaines tournées fonctionnent plus dans la précipitation, j’essaie toujours de consacrer quelques minutes, si pas des heures, àparler avec le public. Parfois au point de me priver de repas. Si j’ai l’opportunité de rester quelques jours dans les environs, j’en profite pour partir àla découverte de la région. Je voyage énormément. Les tournées peuvent évidemment se résumer àune interminable succession de voyages en bus, d’hôtels et de concerts. Mais il faut toujours consacrer quelques minutes àparler au gens et éviter de s’éloigner de son public. C’est impératif. Pourquoi se contenter de parader sur scène et de nourrir son ego ? J’ai envie d’en savoir plus : que vivent les gens, quelles sont les spécialités de la région, les sports pratiqués, etc. Mais c’est vrai, je suis une terrible babelutte ! (Rires)

Phénomènes du Sud

Parallèlement àvotre actualité CD et DVD, vous avez mis sur pied Planet Janis, un concert-hommage àl’une de vos héroïnes : la chanteuse Janis Joplin...

Alors que le nom de Janis Joplin est l’un des plus connus de l’histoire du rock’n’roll féminin, elle est paradoxalement l’une des artistes les plus méconnues. Tout le monde me dit connaître Janis Joplin mais quasiment personne n’est capable de me citer une de ses chansons.

Il est vrai que de nombreux amateurs de rock ne conservent d’elle que l’image d’une martyre junkie de la contre-culture californienne de la fin des années 60...

Je veux montrer qu’elle était bien plus que ça. C’est vrai que cette gamine a été emportée, comme pas mal de ses contemporains (Jimi Hendrix, Jim Morrison), dans le tourbillon de son époque. Elle a été brà»lée vive par la révolution chimique et cette recherche des sensations extrêmes dont chacun avait été privé jusqu’àla fin de la Seconde Guerre Mondiale. Mais, au-delàde ça, c’était quelqu’un de très intéressant, une fille complètement imprégnée de ses racines mais qui a été transportée dans une culture qui ne lui ressemblait plus et qui a explosé. C’était une fille du Texas, bercée dans le blues, le folk, la musique cajun. Sa grandeur est d’avoir été la première chanteuse de blues et de soul blanche qui a percé sur la scène rock californienne. Elle faisait tache àcôté de ses jolies congénères coiffées d’élégants bandanas : elle était sale, bisexuelle, dépourvue de préférences ethniques. Un vrai phénomène du Sud : no racism, bisexual, a woman screaming her ass off. C’était incroyable !

Sweet Home Alabama

Vous êtes-vous retrouvée en elle ?

J’ai ressenti cette même difficulté d’avoir été élevée dans une région des États-Unis extrêmement puritaine (NDLR : l’Alabama est au cÅ“ur de la Bible Belt, cette "ceinture biblique", constituée de quelques États du Sud et où prospère l’illuminisme évangélique et fondamentaliste). Il est difficile de s’y sentir totalement libre.

Au contraire d’elle, vous vous en êtes sortie...

Moi, j’ai survécu àmes problèmes de drogues, àmes comportements auto-destructeurs. Janis Joplin n’a pas eu cette chance. Elle était la première blanche àpéter les plombs sur scène, àse comporter presque comme un homme et àhurler jusqu’au point de la laideur. Encore aujourd’hui, des auditeurs préfèrent se boucher les oreilles. Mais c’est une femme qui se libérait, qui vidait ainsi ses émotions et montrait qu’elle était capable de tenir tête aux mecs et même de les battre àleur propre jeu. C’est une attitude propre aux femmes du Sud. Nous sommes toutes des grandes gueules, n’hésitant pas àdonner des coups de bottes face aux obstacle qui se présentent devant nous. Cela fait partie de notre éducation, notre confrontation quotidienne àla nature. Lorsque, au lever du jour, on se retrouve nez ànez avec un serpent àsonnettes allongé sur sa véranda, il faut faire avec.

Un péril que vous ne risquez pas de rencontrer àWezembeek-Oppem où vous résidez aujourd’hui...

C’est évidemment plus détendu. Mais je ne perds pas mes vieux réflexes : lors de mes balades dans le bois de Tervuren, je ne peux m’empêcher de guetter le moindre mouvement suspect venant des herbes un peu trop hautes. Comme si je voulais m’assurer qu’une bestiole n’en sortira pas pour me sauter àla jambe. C’est une vieille habitude qui me sert ànouveau lorsque je dois retourner en Alabama.

Votre intérêt pour Janis Joplin trouve également son prolongement dans vos préoccupations sur la condition des femmes en général...

Je me suis énormément battue pour la reconnaissance physique, et pas seulement sociale, des femmes. Nous avons nos règles, connaissons des grossesses... Plutôt que de nous regarder comme une chose un peu faible et peu rentable, il faudrait au contraire nous récompenser triplement. Car ce n’est pas évident d’être une femme qui porte en soi toute sa quincaillerie reproductive. C’est un fait qui devrait être reconnu et enseigné tant aux femmes qu’aux hommes. Mais je peux faire également beaucoup de bruit pour la défense des droits de l’enfant.

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BJ Scott en 5 dates

- 1959 : Naissance le 15 mai.

- 1978 : Naissance de sa première fille, le 30 mars.

- 1998 : Naissance de sa petite-fille, le 18 aoà»t.

- 2001 : Elle se marie le 20 janvier avec Willy Deladrier.

- 2005 : "Le 22 juin, je donnerai un représentation de Planet Janis àl’Olympia àParis. J’attends ce jour avec beaucoup d’espoir."

Son Best Of BXL

- Café préféré : Moeder Lambiek

- Restaurant favori : Le My Thai àWezembeek-Oppem.

- Salle de spectacle favorite : L’Ancienne Belgique.

- L’idéal pour un tête àtête : Le parc de Tervuren. "C’est un magnifique parc pour les balades. Et puis, les bistrots ne sont pas loin (rires)."

- Bruxellois le plus Tof : Michel Gudanski, "mon meilleur ami, mon ex, mon tout, mon moi."


© Auteur : Jacques de Neuville - © Photos : Arnaud De Cremer



Source : Zone 02/ Hebdomadaire bruxellois gratuit - N°92 (semaine 16) du mercredi 20 au mardi 26 avril 2005 - Interview de la semaine, pages 6 et 7.

Je remercie messieurs Julien Bosseler, Rédacteur en chef de Zone 02/, Jacques de Neuville et Arnaud De Cremer pour leur aimable autorisation de publication.


Attention : l’autorisation de publication a été donnée uniquement pour une utilisation sur le présent site www.patfraca.com. Toute autre reproduction est strictement interdite.


En concert le mercredi 27 avril 2005 à20h, Ancienne Belgique, boulevard Anspach, 110, 1000 Bruxelles, 02/548.24.24, www.abconcerts.be. Complet !

PLANET JANIS, le 15 juin à20h, Ancienne Belgique, 16 à19 EUR.

Nouvel album live CUT & RUN (<A
HREF="http://www.bluesweb.com"TARGET=_blank>Dixiefrog
). Sortie en mai du DVD.

 

 

 

 

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